Une page se tourne !

 

     Rien ne le laissait présager aussi rapidement, mais voilà, c’est fait, les deux dernières sœurs de la Providence résidant à Hettange  sont parties…

Sœur Bernadette et sœur Marie-Thérèse, presque deux monuments de notre communauté, ont rejoint l’une la maison de retraite des sœurs à Jouy-aux-Arches, et la seconde la communauté des sœurs attenant à la maison de retraite.

 

     Il serait difficile d’évoquer ici tout ce que les religieuses de la Divine Providence de Peltre ont apporté sur le secteur pendant toutes ces décennies de présence. L’éducation des jeunes, bien sûr, avec l’école primaire qu’elles ont tenue, mais aussi le catéchisme, l’accompagnement des malades et des funérailles, l’écoute attentive qu’elles apportaient à chacun… etc, etc, etc… La liste serait bien trop longue !

 

     Que toutes les religieuses qui sont donc passées par Hettange trouvent ici notre vive reconnaissance la plus chaleureuse et en particulier à nos sœurs Bernadette et Marie-Thérèse, le souhait qu’elles profitent encore longtemps, au milieu de leurs sœurs, d’une retraite paisible.

 

     Mais, pour nous, ça continue ! C’est encore à nous, aujourd’hui, de reprendre le flambeau et de continuer le chemin que nos religieuses nous ont indiqué. Qui chaque jour va ouvrir et fermer l’église ? Qui va remplacer sœur Marie-Thérèse au secrétariat ? Sur qui pourrais-je compter quand je dois m’absenter en raison de mes diverses responsabilités ? Je compte sur vous et vous en remercie de par avance… 

abbé Laurent

 



L’Avent :

Une attente au cœur de nos impatiences

       L’hebdomadaire L’Express dans son  supplément Styles (n° 3410 , du 9 au 15 novembre 2016) présentait un article sur : « L’urgence d’être patient ».

 

       Attendre fébrilement la réponse du sms que l’on vient d’envoyer, guetter les améliorations visibles de notre silhouette dès le premier footing, notre vie révolutionnée après juste quelques séances chez le psy… dans un monde où les nouvelles technologies riment désormais avec instantané, rapidité, l’impatience est devenue un mode de vie.

       Pourtant, souligne l’article, dans une dispute, par exemple, la réponse immédiate est rarement la bonne, car elle est le produit de pulsions ou d’émotions mal gérées et ne tient pas assez compte du point de vue de l’autre, qui n’a pas forcément tout à fait tort !

       La patience est une souffrance pour l’enfant, et un apprentissage indispensable pour lui permettre de s’adapter au fonctionnement réel de la société. A une époque de la surconsommation, qui laisse croire à la possibilité du « tout, tout de suite », cette illusion est dangereuse car elle annihile l’idée de civilisation, c’est-à-dire d’un monde qui se construit grâce à la patience de nos ancêtres et dans le respect des générations à venir.

       Ainsi, je me disais que le temps de l’Avent est un bon moment pour apprendre la patience ! Les enfants rêvent de cadeaux qu’il leur faudra attendre jusqu’au 24 ou 25 décembre pour que passe le Père Noël ! L’attente de se retrouver en famille, entre amis, devra aussi attendre les jours de fête. Une manière de rejoindre Marie et Joseph, dans l’attente de la naissance de l’Enfant-Jésus…

  Abbé Laurent


Il n’est jamais trop tard !

      Nous avions eu écho, dans le milieu ecclésiastique, d’une certaine inquiétude concernant la volonté du gouvernement de voir disparaître le cours d’enseignement religieux à l’école. D’ailleurs, les mauvais rapports connus par tous entre le Saint-Siège et le gouvernement français depuis les dernières élections présidentielles ont culminé pendant deux ans, alors que la France n’avait plus d’ambassadeur près du Saint-Siège. On prétextait que le Vatican refusait un ambassadeur homosexuel. Il n’en était rien. Les relations diplomatiques habituelles n’ayant tout simplement pas été respectées par la France, le nom de l’ambassadeur ayant été publié au Journal Officiel avant l’acceptation du Saint-Siège, ce qui n’est pas dans les habitudes diplomatiques.

 

       Il aura fallu – malheureusement – l’assassinat de l’abbé Jacques Hammel, dans les conditions que l’on sait, pour que les politiques, dans leur ensemble, se rendent compte que les évêques de France, et les catholiques en général, sont importants dans le paysage français et sont une véritable source de paix et de fraternité.

       Nombre de journalistes et de commentateurs politiques ont reconnu, après cet événement dramatique, et à l’occasion de l’entretien privé qui a eu lieu entre le Président de la République et le Saint-Père, combien la volonté de l’ensemble des autorités et des fidèles catholiques avaient été remarquée tant elles souhaitaient l’apaisement et certainement pas provoquer une nouvelle guerre des religions tel que l’aurait souhaité Daech.

       Non, contrairement à ce que certains pensaient, ou souhaitaient, la foi catholique n’est pas morte et elle a encore une grande influence dans le paysage public français ! Certes, et c’est tant mieux, les ˝fidèles˝ n’obéissent plus aveuglément à leur curé, comme autrefois. Mais ils obéissent toujours aux valeurs fondamentales de l’Évangile auxquels ils sont attachés. Et c’est une bonne nouvelle !

       Une nouvelle année scolaire et pastorale s’ouvre… Elle nous permettra encore de nourrir notre foi, de faire un pas de plus – si nous le voulons bien – dans l’amour de Dieu et de nos frères. Alors, en route ! Et belle année à toutes et à tous !

Abbé Laurent


La fabrique de nuages

Ah que la Moselle est belle ! Tenez, vous remontez simplement les berges de la Moselle en allant vers le Luxembourg… Le soleil brille. Le ciel est d’un bleu merveilleux. Et voici que Suzanne s’exclame : « Oh, regardez, une fabrique à nuages ! » Et en tournant la tête, nous découvrons les cheminées de la centrale de Cattenom. En effet, dans le ciel bleu s’élève un panache immaculé de vapeur d’eau… Nous imaginons sans peine de «dodus cumulo-nimbus » dessinant sur cette toile cobalt le pays des rêves...

Oui, que le monde est beau lorsque l’on regarde tout ce qui nous entoure avec les yeux d’un enfant-poète !  Voici bien ce qui nous manque parfois. Un brin scientifique, l’adulte précisera  à  l’enfant qu’il s’agit d’une centrale nucléaire dont les réacteurs produisent l’électricité… C’est une incroyable technologie bien maîtrisée… En fait, c’est ce que j’avais eu l’occasion d’apprendre au collège quand nos voyages scolaires nous conduisaient à visiter une installation comme Flamanville… Aujourd’hui,  en fonction de vos interlocuteurs, des interrogations se font jour, mais ce n’est pas mon propos. Passons du regard inquiet à celui de la contemplation… C’est vrai, les cheminées ne toussotent pas des nuages de fumée…  C’est vrai, les cheminées, vues d’ici, ne ressemblent pas à des cratères de volcan vociférant lave et feu. Tranquillement, sans un bruit, elles produisent des nuages… C’est parfois ce qui nous manque pour accéder aux pays des rêves…

J’en viens à rêver que les clochers de nos églises deviennent des fabriques de nuages… non pas de ceux qui terrifient et qui annoncent l’orage et la foudre de Zeus… mais de ces nuages d’ouate qui amortissent les chocs de nos vies…  absorbent nos perturbations et surtout nous invitent à rêver. Il y a quelques années, j’ai reçu Laurine, 14 ans et son papa…. Ils revenaient de Nancy, du centre Alexis Vautrin… La tête contre la vitre de la voiture, sur l’A31 entre Nancy et Metz, elle avait été surprise par la forme d’un nuage qui dessinait dans le ciel comme un grand oiseau blanc…. Et elle invita son père à le contempler alors qu’il l’interpellait : «Ça va… tu ne dis rien… » Ils s’arrêtèrent avant l’aire de Loisy. Ensemble, ils partagèrent ce moment de contemplation car pour Laurine, il emportait vers le ciel celle qui était à l’origine de son amour de la vie et de celui de son père. Pour eux, cela avait été un signe apaisant alors qu’il venait de fermer les yeux de l’épouse et de la mère qu’ils ne verraient plus. Elle les avait regardés, une dernière fois, intensément avant que ses yeux ne fixent le cadre de la fenêtre délimitant un coin de ciel bleu.

J’avais évoqué, lors des funérailles, en souvenir de notre conversation,  l’image d’un nuage dans un coin de ciel bleu et j’avais perçu un sourire de complicité entre la fille et son père… Rien qu’une image, un peu d’ouate pour protéger un amour cristallin.

A  l’époque, son mari suggérait, comme bon nombre de nos contemporains, que la cause de tous les maux de son épouse, était liée à la nuée radioactive de Tchernobyl… On ne saura jamais… Aujourd’hui, à quelques années de distance, il me plaît de croire que la fabrique de nuages de Suzanne avait peut-être envoyé un signe à Laurine pour dessiner dans le ciel un grand oiseau blanc comme une volute de fumée d’un grand calumet de la paix… Il y a ainsi des signes dans la vie qui nous pacifient… ridicules pour certains, mais qui nous permettent d’apprécier  l’ode de la vie. Notre crainte devant les vers dans le fruit nous interdit de croquer les fruits des vers du poème de la vie. Nous ne voyons pas une fabrique de nuages, mais la cheminée d’un réacteur nucléaire ou un clocher. L’enfant lunaire est invité à revenir sur terre… mais c’est cela qui nous manque parfois… un manque d’imagination… pour conter et raconter des histoires… La lassitude de l’ici et maintenant nous conduit inexorablement à l’ennui. La transcendance, alchimie d’un ailleurs et d’un pas maintenant nous conduit à croire que le réel ne sera pas le passé, mais un projet que l’on n’accepte pas simplement de regarder en face pour dissiper un nuage de fumée qui fait écran… Scrutons l’horizon pour découvrir non loin de là notre fabrique de nuages.

Abbé Thierry MIN

Curé de Marly (57)

Vicaire épiscopal de la Zone de Metz

 


  

 

Fruits de la terre

et du travail des hommes

 

L'été, s'il nous est donné un peu de repos, est souvent l'occasion de s'arrêter et de prendre un peu de temps pour regarder autour de soi et s'émerveiller de la beauté de la création.

 

      Or, les éléments de la création ne sont pas absents dans nos liturgies : l'eau du baptême, l'huile, fruits des oliviers, ou le vin, fruit de la vigne et du travail de l'homme. Ils portent en eux-mêmes une signification qui provient de l'usage que nous en faisons dans notre quotidien : le pain est le symbole de toute nourriture et du travail de l'homme qui le gagne à la sueur de son front ! Le vin, boisson des jours de fête, est issu de la pression exercée sur les grains de la vigne comme en sacrifice, mais il rend joyeux ! Dans le sacrement de l'eucharistie le pain et le vin deviendront nourritures pour la vie éternelle. L'huile qui pénètre dans le corps est source de bienfaits. L'eau est purifiante et elle est source de vie pour les plantes, les animaux et les humains.

 

      Dans un sermon (n° 272) aux nouveaux baptisés saint Augustin les compare au pain qui est sur l'autel. Ils ont été rassemblés comme les grains de blé, puis broyés en quelque sorte, sous la meule du catéchuménat, liés en une seule pâte par l'eau du baptême et enfin cuits au feu de l'Esprit Saint. De même, comme nous souhaitons que notre pain quotidien ait bon goût, une hymne ancienne de communion chantait le psaume 33 : « Goutez et voyez : le Seigneur est bon ! » (Ps 33,9)

 

      Nos églises sont le lieu habituel des célébrations liturgiques. Mais, de manière exceptionnelle, ils nous arrive de célébrer à l'extérieur. C'est tout à coup l'œuvre du créateur qui devient l'espace liturgique. Notre regard peut alors se poser sur la Création qui devient partie prenante de notre foi.

 

      Pendant cet été, sachons rendre grâce à Dieu pour toute cette Création qui nous entoure, fruit du difficile travail des hommes et surtout de l'immense mansuétude de Dieu !

 

                                                                                              abbé Laurent


 

Visite pastorale

 

            Le mois de mai fut marqué par la visite pastorale de notre évêque, Mgr Jean-Christophe Lagleize, et la confirmation de 37 jeunes et une adulte qu'il a célébrée à Halstroff pour notre archiprêtré.

 

      Celles et ceux qui auront eu l'occasion de le rencontrer ou de l'entendre auront sans doute été marqué par son dynamisme et sa forte voix ! Au cas où certains auraient eu le désir de faire une petite sieste pendant l'homélie je crois qu'ils auront eu du mal !

 

      Ce que je retiens de nos entretiens c'est surtout cette idée qu'il nous faut sortir de nos : « on a toujours fait comme ça ! » J'en étais déjà bien conscient mais Mgr Lagleize, en tout cas en ce qui me concerne, m'a encore davantage ouvert l'esprit à cette réalité.

 

      Nous avions (j'avais) l'habitude d'une vie chrétienne bien enracinée avec la messe chaque dimanche, un investissement qui dure dans telle ou telle mission. Notre évêque nous a fait prendre conscience que le monde avait changé et donc — et pourquoi pas — le sens de l'engagement aussi… De nos jours, certaines personnes vont s'engager pour un service, une mission d'église, pour un événement, pour une petite chose (y a-t-il de petites choses, c'est une autre histoire…), en tout cas, plus forcément pour 30 ans… et pourquoi pas ? Savoir appeler, demander à telle ou telle personne, même qui ne vient pas forcément à l'église, un service à telle ou telle occasion, c'est aussi à prendre en compte !

 

      Ça ne veut pas dire que si vous êtes engagés depuis longtemps vous devez vous enfuir ! De grâce ne nous laissez pas tomber ! Mais savoir regarder aussi avec bienveillance celles et ceux qui nous donnent un coup de main de manière ponctuelle est comme un vrai don de l'Esprit, c'est aussi regarder l'avenir avec espérance et que notre Église, loin d'être en soins palliatifs, comme d'aucuns voudraient le croire, à encore une belle vitalité, et plus grande encore que d'autres ne l'affirment !

 

 

                                                                                              abbé Laurent


 

Ouvrons nos cœurs

et nos frontières !

 

Dans les dernières pages de ce bulletin, vous trouverez la déclaration commune du Pape François, du Patriarche œcuménique Bartholomée et de l'Archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Hieronymos. La situation des hommes, des femmes et des enfants jetés sur les routes à cause de la guerre, des violences de toutes sortes, de la pauvreté, NE PEUVENT PAS nous laisser indifférents ! Ou alors, il y a quelque chose de notre foi chrétienne qui n'est pas clair… A chacune et chacun de s'interroger en conscience !

 

      Personnellement, cette situation ne peut pas me laisser indifférent en raison de l'histoire de ma famille que je ne saurais oublier. Mes grands-parents paternels étaient italiens, ils ont fait partie de ces réfugiés économiques venus en France à l'époque fasciste. Que seraient-ils devenus s'ils n'avaient trouvé cette terre d'asile ?

 

      Ma grand-mère maternelle et sa sœur, avec mon arrière-grand-père, eux, pendant la seconde guerre mondiale ont été évacués par les allemands en zone libre. Ils se sont retrouvés en pays Cathare, à Limoux. Ma grand-tante en parlait souvent. Dans le cadre de ma formation, j'en suis à quelques kilomètres... Je profiterai d'un prochain séjour pour y aller faire un tour et pouvoir ainsi mettre un paysage sous des noms de lieux qui ont accueilli les miens, jetés sur les routes par la guerre, voilà plusieurs décennies.

 

      Je lisais récemment un article, je ne sais plus où ni de qui, que l'auteur m'en excuse, qui disait que la chance et la force de l'Amérique était d'avoir su, au long de son histoire, et malgré les difficultés, inclure dans sa société toutes les cultures et toutes les nationalités. Notre faiblesse sera donc de ne pas y arriver, voire même de le refuser !

 

      Puissions-nous ne pas être des égoïstes, lâchement avachis dans le canapé de nos richesses, mais sans cesse ouvrir nos cœurs et nos portes à la misère des autres, de tous les autres, c'est là et là uniquement que s'écrira la grandeur de l'Europe !

 

                                                                                              abbé Laurent

 

 

Ressusciter

 

Aujourd'hui, de la fenêtre de mon bureau, j'aperçois les jonquilles déjà en fleur dans le jardin, quelques arbres, plus loin, en pleine floraison… La nature renaît après l'hiver, même s'il ne fut pas très rigoureux pour nous cette année. A certains jours le soleil revient, et avec lui la chaleur, les jours sont de plus en plus longs, les oiseaux chantent du matin au soir et font leurs nids quand ils n'ont pas déjà commencé à couver sous l'œil du chat… plutôt intéressé… C'est le printemps !

 

      Et voilà que nous avons terminé le Carême et célébré la plus grande fête des chrétiens : la Pâque du Seigneur, son passage de la mort à la vie. Passage étonnant que nous ferons tous un jour, car telle est notre foi : « De même que le Christ est mort et ressuscité, de même nous aussi nous ressusciterons », proclame saint Paul à longueur de lettres. Et comme la nature est chaque année différente, nous le serons nous aussi, et comme elle, nous serons ce que notre vie sur terre aura préparé.

 

      Ressusciter, ce n'est pas recommencer une vie sur terre, c'est entrer dans la vie de Dieu et cette vie de Dieu, il nous faut dès maintenant nous y préparer pour y être accueillis par le Seigneur.

 

      Ressusciter ce n'est pas se réincarner, c'est entrer dans une autre vie, une vie avec Dieu, une vie où règnent la justice et la paix. Une vie de bonheur.

 

      Dans cette vie nous avons un précurseur, un prédécesseur : le Christ. Il a déjà fait le passage, il est passé de la mort à la Vie. Que ce Temps pascal où nous sommes soit vécu comme une vraie résurrection, à l'image de la nature qui se pare de tous ses atours. Que nous soyons témoins joyeux de la lumière du Ressuscité, que cette lumière illumine notre vie d'abord, pour illuminer ensuite celles et ceux qui nous entourent.

     

                                                                                              abbé Laurent


 

Rois du parvis

 

Le dimanche des rameaux (le 20 mars cette année) nous serons sans doute nombreux sur le parvis des églises où seront bénis nos branches de buis. Comme la liturgie nous y invite, nous les agiterons et chanterons Jésus notre roi comme la foule d'autrefois.

 

Rapprochement dangereux de deux appellations : "Jésus" et "roi" !

 

Roi des juifs ? Comme en avaient si peur Pilate et les chefs religieux qu’ils le crucifièrent. Roi tout-puissant ? Comme l’espéraient et l’espèrent encore des disciples qui en attendent toutes sortes de bienfaits les dispensant de se convertir ?

 

            Il nous faudra entrer dans l’église, suivre la liturgie de la Passion jusqu’au bout pour comprendre toute la hauteur, la largeur, la profondeur de cette royauté qui n’a d’autre puissance que la toute-puissance amoureuse de Dieu. Alors, avec le bon larron, nous pourrons l’acclamer et le prier : « Dans ton royaume, souviens-toi de nous Seigneur, souviens-toi de nous. »

 

            Amis, venez, il y a un rameau pour chacun de vous. Prendre un rameau c'est une autre prière adressée au Christ : « Viens, tu peux franchir les portes de ma ville. Ce que tu dis et ce que tu fais, je le mets dans ma vie, car je crois que tu es Dieu venu m'inviter à être heureux. »

 

            Prendre un rameau, c'est prendre la décision de sortir à la suite de Jésus… C'est une démarche libre. C'et un geste de croyant. C'est une proposition. Une réponse libre. Un choix. Venir chercher un rameau, le prendre, le tenir en main et le garder bien en vue à la maison, c'est décider d'ouvrir la porte à l'Évangile et d'accueillir Dieu par des gestes concrets à l'égard de nos frères.

 

Chaque jour.

     

                                                                                              abbé Laurent


 

Revenir à l'essentiel …

 

Le 24 décembre 2015 à Binan aux Philippines, un prêtre a fait la messe de Noël sur un hoverboard, sorte de skateboard électrique. Les images filmées par ses paroissiens, où on le voit tournoyant dans l'église sur son engin tout en chantant, ont fait le tour d'internet mais n'ont pas du tout amusé son évêque, qui a annoncé le 29 décembre la suspension de l'officiant.

 

    Loin de moi de vouloir stigmatiser un confrère, ni le juger, mais, force est de constater que même chez certains d'entre nous la liturgie de l'Église est fort mal comprise ! (Ce qui n'est pas nouveau !). Je ne suis pas contre le fait d'aménager parfois la liturgie pour la rendre plus vivante et plus proche des fidèles. Je n'ai pas l'impression d'être un prêtre intégriste, cependant il nous faut toujours faire attention. Le prêtre, comme homme public,  peut rapidement se prendre au jeu et finir par se célébrer lui-même ! J'ai toujours gardé en mémoire la volonté de Jean-Paul II, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse de l'an 2000, à Rome, d'avoir en fond de scène pour les célébrations principales une immense image du Christ, le vieux pape disparaissant, pour ainsi dire, derrière celle-ci.

 

    Celui que nous célébrons, dans toutes nos liturgies, que ce soit au baptême, au mariage, aux funérailles, et, bien sûr, aux messes dominicales, c'est le Christ ! Ce n'est pas l'enfant baptisé, l'enfant faisant sa première communion, l'ado sa confirmation, le couple qui se marie ou le défunt que nous célébrons, mais le Christ! Or, certains confrères finissent par l'oublier… Voulant être proche des gens, — et qui pourrait le leur reprocher ? —, ils finissent par entrer dans une dimension laïque de la liturgie, où nous célébrons les personnes mais plus le Christ !

 

    Dans son livre : "Apprendre à être soi" (Éd. Salvator), Jean-François Noël, prêtre et psychanalyste, explique que certaines personnes, perdues dans le "grand tout" de la mondialisation, viennent chercher à l'église, pour les grandes étapes de leur vie, une reconnaissance personnelle. Il y a sans doute de ça. Ce n'est pas pour autant que nous devons nous-mêmes nous perdre dans le "grand tout" et ne pas conserver ce qui est au cœur de notre foi. Que ce temps de Carême qui commence  nous aide à y rester.

     

                                                                                              abbé Laurent

 

 

Paix sur la terre

Les événements du mois de novembre auront sans doute marqué durablement les esprits et les cœurs et seront encore présents à beaucoup  lors de ces fêtes de fin d'année. Ainsi le chant des anges, qui a retenti voici plus de 2000 ans dans le cœur des bergers : « Paix sur la terre », prend tout à coup une couleur toute particulière pour nous.

 

    C'est un chant aux couleurs d'éternité qui s'est élevé cette nuit-là, du chœur des anges, dans le ciel de Bethléem. En même temps, ce n'était qu'un chant d'espérance ! … La paix elle est sans cesse à construire, jamais acquise… 2016 sera aussi au cœur des célébrations du 100ème anniversaire de la Grande guerre de 1914-1918… Celle que l'on a appelée la "der des der" et qui ne fut pas, loin s'en faut, la dernière des guerres ayant sévi sur notre planète…

 

«   Paix sur la terre ! » , chante pourtant, encore et toujours, le chœur angélique ! C'est un chant d'espoir, que la paix adviendra un jour, mais aussi une invitation adressée à tous les hommes, sans exception, à faire, à construire la paix, partout où il se trouve.

 

    La paix, elle est déjà à faire avec soi-même, son histoire, sa vie… Elle est déjà à trouver au fond de soi-même si nous voulons pouvoir la communiquer autour de nous. Et nous savons bien que, déjà ça, ce n'est pas simple.

 

    Dans nos assemblées, nous aimons bien chanter :

La paix, elle aura ton visage. La paix, elle aura tous les âges.

La paix, sera toi, sera moi, sera nous.

Et la paix, sera chacun de nous.

    Faisons ce que nous pouvons pour que cela soit  !

 

    De tout cœur, bonnes fêtes à toutes et à tous

                                                                                              abbé Laurent


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